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생명의 말씀(프랑스어)

설교일 2014-12-07 
성경본문 Psaume 103:1–14,22; Jean 5:1–16 
설교자 Alain BACCUET 

Dimanche 7 décembre 2014, 13 h 40      Eglise Yessalan Montpellier
Lectures bibliques :  Psaume 103 / 1 – 14, 22 ; Jean 5 / 1 – 16

Jean 5 / 6 : Veux-tu guérir ?
Jean 5 / 8 : Lève-toi – prends ton lit et marche.

Il y avait beaucoup de monde au bord de la piscine de Béthesda lorsque Jésus est monté à Jérusalem pour une fête juive – des hommes et peut-être des femmes – des jeunes et des vieux – tous au bord de cette piscine  dans l'attente de s'y plonger.
Il y aura beaucoup de monde dans les temples modernes de la consommation au cours de ce temps qui nous conduit vers Noël – tous dans l'attente d'une fête qui – pour beaucoup – ne sera qu'artificielle et sans lendemains.
Mais il y aura malheureusement aussi beaucoup de monde dans les centres d'accueil des sans domicile fixe alors que le froid de l'hiver se fera sentir.
Frères et soeurs - pouvons-nous comparer cette foule qui se presse au bord de la piscine de Béthesda à toutes ces foules qui s'agitent en ce temps de l'Avent dans l'attente de jours meilleurs ?
Il y a ceux qui vont fêter Noël dans l'attente confiante et active de la lumière et de la paix que cette fête annonce.
Mais il y a aussi tous ceux pour qui cette fête ne sera qu'une brève parenthèse dans une vie sans espérance et sans espoir de jours meilleurs.
Regardez cette foule qui se presse au bord de la piscine de Béthesda au moment de la fête.
Avez-vous remarqué combien l'évangéliste Jean nous en donne une liste impressionnante ?
Une multitude de malades – écrit-il.
Une multitude – c'est-à-dire une très grande foule – le mot grec – pléthos – qui donnera le mot pléthore – surabondance - est celui qui désignera cette multitude de toutes les nations qui se rassemblera le jour de la première Pentecôte dans le livre des Actes.
Une multitude de malades – le mot est celui qui donne en français celui d'asthénie – littéralement : privation de force - fatigue générale – grande faiblesse  physique, nerveuse ou même spirituelle – l'apôtre Paul parlera de ceux qui sont asthéniques dans leur foi.
Et pour bien préciser la grande variété de tous ces asthéniques – l'Evangile en donne la liste : aveugles – boiteux – estropiés – paralysés.
Ils sont tous là au bord de cette piscine au nom prédestiné de Béthesda - la maison de la miséricorde - ou - selon certaines traductions : Bethzatha – la maison de l'olivier – de la paix.
Ne sont-ils pas le triste reflet de tous les asthéniques qui nous entourent dans ce monde de souffrances et de douleurs ?
La liste pourrait être aujourd'hui encore plus longue que celle de notre texte :
Il y a tous les malades du corps – bien sûr – tous les handicapés – tous ceux dont le corps souffre en raison de la maladie ou du vieillissement.
Mais il y a aussi tous ceux qui sont aveuglés par la peur de l'avenir – tous les boiteux qui clopinent péniblement sur leurs chemins – tous les estropiés par les nombreuses épreuves de la vie – tous les paralysés de la vie incapables d'avancer sur le chemin de l'espérance.
Tous en attente – en     attente de se plonger dans les eaux rafraichissantes de cette piscine dans l'espoir d'être enfin guéris.
Vous me direz sans doute :
N'y a-t-il pas beaucoup de superstition dans ce désir de se plonger le premier dans cette piscine au moment où un ange vient en agiter l'eau ?
N'y aurait-il pas – aujourd'hui – un risque de  superstition dans le désir de se plonger dans les eaux - soit disant miraculeuse - de telle ou telle grotte ?
Il est intéressant de noter que les plus anciens manuscrits ne mentionnent pas cette action d'un ange venant agiter l'eau pour lui donner un pouvoir miraculeux. C'est pourquoi ce verset quatre est entre parenthèses dans de nombreuses éditons modernes de nos Bibles – vous pourrez vérifier.
Cette croyance superstitieuse aurait donc été rajoutée ultérieurement par quelque copiste pour qui cette croyance populaire expliquerait la présence d'une telle multitude au bord de cette piscine.
Il semblerait donc que l'évangéliste Jean ne partage pas cette croyance superstitieuse d'une eau qui aurait un pouvoir plus au moins magique de guérison dès qu'elle serait agitée par un ange. Pour lui – et c'est le grand message de ce récit – un seul peut guérir – c'est Jésus.
Et c'est lui qui pose cette question à cet homme malade – asthénique – depuis trente-huit ans :
Veux-tu guérir ?
Mes amis - cette même question – Jésus nous la pose ce matin – à nous qui nous mettons à l'écoute de ce texte de l'Evangile.
Il te la pose  – à toi qui écoutes ce matin – comme il me la pose à moi qui vous la transmets de sa part.
Veux-tu guérir ?
Veux-tu retrouver la santé ?
Dans le texte grec la question est :
Veux-tu devenir sain ?  (s-a-i-n)
L'apôtre Paul exhorte Tite à combattre le mal sous toutes ses formes afin que les croyants aient – je cite – une foi saine.
Veux-tu guérir ? – littéralement :
Veux-tu être sain ? (s-a-i-n).
Il s'agit donc d'une guérison qui va beaucoup plus loin que la seule guérison du corps.
C'est la guérison de l'être humain dans sa totalité – corps et esprit.
Au printemps dernier la Fondation John Bost à La Force a organisé un colloque de réflexion et d'échange sur le thème : « Au delà de la maladie et du handicap - se rétablir ».
Un des derniers numéros du bulletin « Notre prochain » de cette fondation  explique qu'il s'agit d'un concept nouveau développé dans les pays anglo-saxons et qui émerge aujourd'hui en France dans les pratiques médico-sociales et sanitaires. C'est la notion de rétablissement qui va bien au delà d'une seule guérison physique et qui concerne la personne même dans son  handicap corporel.  Cette personne étant appelée à trouver un nouveau sens – un nouveau but à sa vie – malgré et dans son handicap physique - une façon de vivre satisfaisante, prometteuse et utile en dépit des limites causées par sa maladie.
Il est certain que nous ne guérirons pas de notre vieillissement avec toutes les faiblesses qu'il entraine – mais un tel rétablissement nous permet de vivre malgré tout en donnant un sens – un but – une utilité – une raison d'être à nos vies – par delà toutes les limites de notre corps vieillissant et de notre esprit parfois un peu ralenti.  
Albert CAMUS disait : « L'important n'est pas de guérir mais de vivre avec ses maux (m-a-u-x)».
Veux-tu guérir ?
Veux-tu retrouver la santé ?
Veux-tu vivre une foi saine ?
Veux-tu donner un sens et une raison d'être à ton vieillissement ?
Vous voyez que la question nous concerne tous quelle que soit notre état de maladie ou de faiblesse – quelle que soient notre vie et notre foi.
Le numéro de la semaine dernière de l'hebdomadaire Réforme – publie un dossier sur le thème du pardon. Il évoque le long et douloureux processus nécessaire pour arriver à un véritable pardon et il précise qu'il s'agit d'une  guérison intérieure.  Je cite :
« On a tous le coeur blessé car on a tous vécu de nombreuses choses douloureuses. On a tous ces kystes, ces abcès. Si on veut vivre heureux, il faut trouver le moyen de guérir.
C'est là qu'intervient le pardon, pour sortir de la haine, du ressentiment, du désir de vengeance qui nous détruisent, nous.
Pardonner, c'est arrêter de s'empoisonner soi-même ».  Fin de citation.

Alors – oui – la question de Jésus est là devant nous ce matin :  veux-tu guérir ?
Vous me direz : Il est évident que notre réponse va être : OUI - nous le voulons !
Mes amis – en sommes-nous si sûrs ?
Depuis 38 ans qu'il est malade – notre homme s'est peut-être installé dans sa maladie. Il a pris l'habitude d'être porté chaque jour jusqu'à cette piscine pour y mendier un peu de secours.
Il a pris l'habitude d'attendre passivement que quelqu'un veuille bien venir à son aide.
Depuis 38 ans – à cette époque – c'est toute une vie – il s'est peut-être installé dans une résignation fataliste.
Il attend tout des autres et ne fait plus aucun effort pour s'en sortir par lui-même.
Alors nous - mes amis – où en sommes-nous dans toutes nos asthénies – nos faiblesses - non seulement physiques mais aussi spirituelles ?
Voulons-nous vraiment guérir ?
Voulons-nous vraiment retrouver une vie et une foi saines – libérées de toutes les faiblesses qui nous paralysent si facilement ?
Dans ce cas – attention à la réponse de notre homme dans ce texte.
Il ne faudrait pas qu'elle devienne notre excuse face à toutes nos faiblesses :
Seigneur – je n'ai personne.
Triste constatation de celui qui n'a personne pour le secourir – qui ne compte sur personne pour l'aider – qui est seul face à toutes ses faiblesses.
Pourquoi ce pauvre hommes s'est-il ainsi enfermé dans une telle solitude ?
Il est certain que nous avons tous besoin les uns des autres et qu'il nous faut absolument veiller à ce  que personne ne s'enferme dans une solitude paralysante.
Il nous faut veiller – mes amis - dans notre communauté paroissiale - comme dans notre voisinage quotidien - à ce que personne ne se trouve dans une solitude qui le paralyse.
Pour cela – il nous faut commencer par veiller à ce que nous ne nous enfermions pas nous-mêmes dans une telle solitude.
Seuls - nous restons enfermés sur nous-mêmes et paralysés par toutes nos asthénies.
Lorsque Jésus passe au milieu de cette grande foule de malades anonymes – il voit celui que plus  personne ne voit.
Il voit ce pauvre homme enfermé dans sa solitude et incapable de faire un pas vers une vie meilleure.
Il nous voit lorsque nous nous enfermons sur nous-mêmes dans une solitude qui nous paralyse.
Que fait Jésus alors ?
Il ne se contente pas de passer après avoir jeté un regard plus ou moins distrait sur ce pauvre homme.
Non.  Il s'arrête pour lui adresser une parole qui va le remettre debout – comme il s'arrête devant chacun de nous - ce matin - pour adresser à chacun une parole qui – si nous la prenons au sérieux – va non seulement nous sortir de notre solitude – mais va nous remettre debout et en marche vers une vie saine et épanouie quelles que soient nos faiblesses corporelles.
Avez-vous bien remarqué où se trouve notre homme une fois qu'il est remis sur pieds et qu'il marche ?
L'Evangile nous dit que Jésus le trouve dans le temple.
Il n'est plus seul – il a rejoint la communauté des croyants – unis dans la louange et dans l'adoration comme nous le sommes ce matin.
Frères et soeurs - pour conclure – je voudrais simplement vous demander une seule chose.
C'est d'emporter avec vous la parole que Jésus adresse à ce pauvre homme – en vous disant qu'elle vous concerne personnellement – qu'elle vous est adressée - à vous directement – par Jésus lui-même.
Que cette parole vous accompagne jusqu'à Noël et qu'elle inspire votre façon de préparer cette fête.
Lève-toi – c'est un verbe de résurrection – de vie renouvelée – de remise en route.
Remets-toi debout – c'est ta vocation.
Ne reste pas couché passivement à attendre tout des autres.
Lève-toi et recommence à vivre.
Prends ton lit – ta natte - ton grabat.
Ce qui te portait – c'est toi qui doit le porter maintenant.
Inverse les rôles – et au lieu de te laisser porter passivement – prends-toi en charge.
Au lieu d'être porté – deviens porteur.
Lève-toi – prends ton lit et marche.
Mets-toi en route sur le chemin de la vraie vie – en route vers la lumière et la paix de Noël.
Tu n'es plus seul sur ce chemin – tu es avec des frères et des soeurs qui marchent avec toi sur ce chemin de la vie - et moi – le Seigneur – je suis avec toi tous les jours – jusqu'à la fin du monde.
Amen        

            Pasteur Alain BACCUET - Montpellier
        

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