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생명의 말씀(프랑스어)

Noces de Cana

예사랑 2013.11.18 15:16 조회 수 : 766

설교일 2013-09-29 
성경본문 Jean 2,1-12 
설교자 TITIA ES-SBANTI 
Prédication pour le culte de  l'Eglise Yessalan du 29/09/2013

                 Jean 2,1-12  (Noces de Cana)

Introduction

Dans nos têtes, il  va de soi que Jésus est « parfait » du fait qu'il est le Fils de Dieu. En effet, nous disons de lui qu'il est l'Exemple par excellence, LE modèle à suivre...
En même temps, nous savons très bien que personne d'entre nous ne peut être comme  lui.  Personne n'est à la hauteur de Jésus-Christ.
Est-ce pour cette raison-là qu'au mois de décembre, on le laisse si longtemps  couché dans la crèche de Noël ? Car là au moins, il est tout près de nous, à portée de main, et il ne nous dérangera pas beaucoup n'est-ce pas ?  C'est ainsi que chaque fin d'année, (en Europe en tous cas) et pendant de longues semaines, Jésus-Christ est réduit au « petit jésus »(!) qui dort dans une mangeoire, sagement entre ses deux parents.

Parents....Comme on parle beaucoup de « familles » dans notre société française, j'avais envie de voir  avec vous comment cela se passe dans les Evangiles quand Jésus est en famille.

D'abord, dans un court verset, l'Evangile de Luc évoque la circoncision de Jésus à l'age de 8 jours,  (il est bon de se rappeler que Jésus est circoncis comme  tout enfant juif et musulman).

Puis, quelque temps après, Jésus est présenté au temple de Jérusalem : il est accueilli puis serré dans les bras de ce vieux Syméon, émouvant de tendresse et de sagesse, ce vieillard qui reçoit la promesse qu'il avait TANT attendue, et qui peut même la tenir entre ses mains.

A l'âge de 12 ans, on retrouve Jésus se rendant à Jérusalem avec ses parents, pour la Grande Fête  Juive de  Pâque.  C'est là, à Jérusalem, qu'il fera ce qu'on appelle aujourd'hui une « fugue ». Ses parents,morts d'inquiétude, le chercheront pendant 3 jours..
A ce stade, il semblerait que Jésus ait quitté son auréole d'« enfant modèle ».

A l'âge adulte, il sera baptisé par Jean Baptiste et désigné comme  Fils bien-aimé en qui Dieu le Père a mis  toute sa confiance.  Saisi par cette puissance d'amour divin, voici Jésus lancé sur les routes de Palestine, sillonnant le pays du nord au sud et de l'ouest à l'est....Ce Fils-là est désormais impossible à ramener à la maison et à la raison familiale.

Je vous lis ce passage au début de l'Evangile de Marc :
 
« 32.La foule était assise autour de Jésus et on lui dit : Ta mère, tes frères et tes sœurs sont dehors, et ils te cherchent.  33.Il répond : Ma mère et mes frères, qui est-ce ?  34. Puis, promenant ses regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères !  35.En effet, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.  (Marc 3 , 32-35 )

Marie, mère de Jésus, suivi de ses autres enfants, essaye de ramener le « fils prodigue » à  la raison, à la discrétion, face aux autorités religieuses du pays qui voient d'un très mauvais oeil le rayonnement étonnant de ce jeune homme itinérant pas-comme- les-autres. Ce qui est étonnant, c'est de voir que  Jésus est en quelque sorte poursuivi  (!) par sa propre famille  avant de l'être par les pharisiens et autres docteurs de la loi ...

Voilà, ça, c'était le début de l'histoire de Jésus en famille.
Voulez-vous connaître  la suite du « feuilleton » ? Elle est racontée dans l'Evangile de Jean au chapitre 2 , c'est histoire des « Noces de Cana » :

Lecture biblique : Jean 2, 1- 12

Etrange, cette histoire de vin, car l'évangéliste Jean nous dit que c'est premier  signe public opéré par Jésus. Et bien, pour un premier SIGNE, c'est décevant, vous ne trouvez pas ?  (surtout vous, amis Coréens, qui ne buvez pas de vin !!)
Pour un premier signe public,on aurait pu s'attendre à mieux, par exemple :
-à ce que Jésus  guérisse une personne gravement malade,
-à ce qu'il sauve  quelqu'un de la mort,
-à ce qu'il  nourrisse une foule affamée, ,
-à ce qu'il  délivre une personne possédée par le démon  ….etc

Et bien NON , rien de tout cela !  Jésus ne fait rien, il est invité à un mariage !! Et croyez-vous qu'il s'occuperait de faire la prédication et de bénir les mariés ? Et bien non, Jésus ne se rend même pas utile, ni par les gestes ni par une parole spirituelle !  Au lieu de cela, il s'arrange pour renouveler le   stock de vin déjà épuisé par les invités du mariage  !
Franchement, comme premier signe extérieur, ce n'est pas un geste très utile, oserai-je dire que c'est même plutôt... futile ! Ce n'est tout de même pas vital de reprendre un X ième verre de vin ! Les gens auraient pu s'en passer...

En fait, cette histoire de Cana (que l'évangéliste Jean est le seul à raconter) est truffée de détails et d'éléments étranges, contradictoires, ou incohérents, qui témoignent d'un humour  que le clergé de l'Eglise a tû pendant des siècles, lisant pieusement les Evangiles, avec cette idée naïve que puisque c'est Jésus qui fait, parle, agit, tout est sérieux, solennel  et ne doit surtout pas faire sourire !
Or, la spécificité  de l'évangéliste Jean, c'est le sourire de Dieu caché derrière le récit biblique...

Regardons l'histoire de plus près, et on verra qu'il y a des choses étonnantes, étranges :
1) Premièrement :
Elle nous dit que Jésus offre, par le signe qu'il opère, du "bon » vin. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le maître de cérémonie en s'adressant à Jésus.
Mais dites-moi, cette précision est-elle d'une importance  capitale ? D'après ce que l'on nous dit, les invités ont déjà pas mal bu !

2ièmement :
Le maître de cérémonie qui s'occupe de la logistique, ne s'est même pas aperçu que le vin manquait : c'est un des invités qui s'en aperçoit !

3èmement :
L'humour de l'évangéliste Jean se renforce encore avec l'intervention de Marie, la mère de Jésus, au beau milieu du mariage.
En effet, voici une mère qui n'a pas « sa langue dans sa poche » (comme on dit en français).. Voyez donc :  comme toutes les mères juives (!), elle se permet de dire publiquement à son  fils ce qu'il doit faire...
Marie parle à Jésus comme s'il était encore à la maison, comme si elle avait encore quelque chose à dire sur sa vie, comme si elle avait encore de l'autorité sur ce fils qui est..... Fils de Dieu !

4èmement :  
La suite ne se fait pas attendre : Marie se fait rabrouer par son propre Fils, tout Messie soit-il !  En effet,écoutez bien : Jésus lui répond : « que me veux tu, femme ? «  Vous vous rendez compte de l'audace de ses propos, du ton provocateur qu'il utilise en parlant à sa propre mère !
Ce que Jésus fait ici, c'est qu'il  remet sa mère à sa place, rien de moins ! Et encore, la phrase est gentiment  exprimée par les traducteurs de la Bible.
Car de façon plus directe, la réponse de Jésus veut plutôt dire ceci :  « eh, maman, de quoi tu  te mêles  ? « 
Sauf que Jésus ne lui dit même pas  « maman »  (cela aurait été affectueux de sa part), mais  il  lui  dit : « femme »  avec toute la distance que ce mot implique.

5èmement  :  
Comment le sait-elle, Marie, que les invités de la fête n'ont plus de vin ?
Elle n'est quand-même pas la maîtresse de maison ! Elle se mêle de ce qui ne la regarde pas. D'autre part, en parlant ainsi, Marie fait comme si Jésus était le maître de la cérémonie dans cette maison, alors qu'il n'est qu'un invité,  comme elle.


6èmement   :
 Remplissez d'eau ces jarres ».....Voilà Jésus qui se met en position d'autorité  en demandant aux serviteurs de la maison quelque chose  qui n'a aucun sens : remplir d'eau les immenses vases de pierre  ( a priori destinés à un usage  de purification pour les Juifs).
Sachant que chacun de ces grands vases pouvait contenir une centaine de litres, cela faisait  des quantités absolument considérables de vin !
Et puis, imaginez le temps énorme que cela a dû prendre d'aller chercher ces centaines de litres d'eau et d'en remplir chacun de ces grands vases !  Travail  épuisant pour un résultat  qui n'a pas de sens.

Enfin, dernière chose  :
Cette histoire de vin inattendu est sans doute le seul signe où le bénéficiaire (=le marié ) n'a même pas su ce qui s'était passé ...Ne parlons pas de son épouse, totalement  ignorée  dans cette histoire...

Bref : qu'est-ce que tout cela veut dire ?  Comment comprendre cette histoire de mariage et de vin à Cana ?
Il ne faut pas l'interpréter au pied de la lettre. Tous les éléments étonnants ou incohérents  que j'ai cités juste avant montrent que le véritable sens est à chercher ailleurs.  Les détails curieux qui sont donnés par l'évangéliste JEAN servent de  clignotants pour nous avertir, pour nous orienter, pour nous dire : « attention, l'important n'est pas là  où vous croyez ».

D'autre part, le message n'est surtout pas dans le fait que Jésus serait un super  magicien capable de transformer  de l'eau en vin..
Au fait, avez -vous remarqué que le mot « miracle » est  absent du texte ?
Ce sont les chrétiens eux-mêmes qui parlent de « miracle de Cana » depuis des siècles ; ils ont  (malheureusement) souvent vu dans l'intervention de Jésus  un côté magique.  

Mais alors, me direz-vous, qu'est-ce qui est important à retenir de cette histoire ?
Et bien ce sont les  déplacements :  en effet, si on regarde de près, on s'aperçoit que les différents acteurs ont  bougé, qu'ils ont été déplacés. Ils ne sont pas restés au même point qu'au départ. Ils ont changé.

Premièrement,  Marie change de statut :
Elle n'est plus seulement la maman de Jésus (et encore moins du « petit jésus » !) , elle devient « femme », c'est-à-dire qu'elle devient disciple elle aussi,  appelée à servir,  et non à se mêler des affaires de son fils.
Et je crois que c'est ce qui pouvait lui arriver de plus  beau dans sa vie..
C'est une forte expérience pour Marie qui a, comme toutes les mères, ce qu'on appelle en français  « le sens de la famille ». Elle doit dépasser la dimension de la  famille  au sens biologique du mot, elle dit dépasser les liens du sang. Rappelez vous ce que dit Jésus à Marie et à ses frères et soeurs qui le cherchent  partout :
 « Quiconque fait la volonté de mon Père, dit Jésus,  voilà mon frère, ma soeur, ma mère ».  (Marc 3)
 
2èmement  :
Les serviteurs de la maison changent de statut eux aussi : en passant d'un maître à un autre, en obéissant à Jésus, en se mettant au service de Jésus.
De plus, contrairement au maître de cérémonie qui ignore ce qui s'est passé,  
les serviteurs sont mis dans la confidence, dans une sorte de proximité :
ils « savent d'où vient le vin » dit le récit,  eux  qui sont allés chercher  l'eau.
Et de ce fait, ils passent du service de table au service du Christ.
En les associant au secret de son geste messianique, Jésus fait accéder  les serviteurs au rang de disciples.

3ème changement :
Les grands vases étaient vides au départ et ils deviennent pleins à la fin : il y a là un passage symbolique important : on passe de la religion  installée, figée, à la vie, une vie qui déborde  de ces  vases immobiles.
En effet,ilf aut savoir que chez les Juifs, l'eau servait à purifier l'homme pour qu'il puisse se rapprocher de Dieu. Ces vases d'eau avaient donc un rapport avec la rigueur et  l'utilité.

Le passage au vin,c'est-à-dire aux vases qui débordent, évoque le mouvement inverse : celui de Dieu qui s'approche de l'homme sans  condition, et lui offre la joie de vivre. Ce vin est donc le signe de la grâce offerte , gratuite, avec un côté festif, joyeux (puisque ça se passe à un mariage).

Le récit de Cana est donc placé sous le signe de la promesse , et ce de 2 manières :

1) chacun est  déplacé spirituellement, appelé à bouger, à changer. C'est le signe qu'avec le Christ, rien n'est figé : nous ne sommes pas condamnés à rester toujours les mêmes.

2)  l'eau changée en vin pendant que les serviteurs la transportaient  dans les vases est le signe que  la promesse de Dieu  est devant nous. L'arrivée de ce vin de qualité supérieure au précédent  se passe à la fin de la fête et non pas au début.  Cela veut dire que la joie de vivre que Dieu nous offre (et dans la bible, cette joie  est symbolisée  par le vin) est  en train de se réaliser.  Oui, la vie, la joie et l'espérance  est EN CHEMIN.  

Alors, quand nous croyons qu'il n'y a  plus de joie, plus d'énergie dans nos vies, et que la fête risque de se terminer avant même de commencer ( !) sachons que le Christ est là, et qu'il agit dans nos vies.  Il ne nous laissera pas tomber. Il est sans doute déjà en train d'initier des déplacements au coeur de nos vies, pour nous aider ensuite à faire nous mêmes le pas suivant.
Alors, lorsque nos vies ressemblent à  de grands  vases  vides, creux, secs,  le Christ  vient les remplir de sa présence, de son amour.  

Amen
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